Besoins scolaires & Démographie

(Page écrite en mars 2021 )

La raison d’être du projet de la Ville est : “la population augmente et il y a un manque d’écoles sur le quartier “Houba”, nous avons donc besoin de plus d’écoles”. Le rapport d’incidence du projet HOP3 (2016) justifiait déjà le projet d’école sur base de chiffres anciens (par exemple des chiffres/cartes de 2009-2010 dans l’analyse des besoins socio-économiques).

Ces chiffres sont aujourd’hui dépassés. Regardons la situation aujourd’hui et surtout demain.

Quelle est la situation aujourd’hui concernant l’offre scolaire?

L’analyse se base sur la “capacité d’accueil relative”, un indicateur que l’on retrouve sur le site web de l’IBSA (Institut Bruxellois de Statistique et d’Analyse). Pour le quartier statistique “Houba”, qui comprend une partie de Jette, la capacité d’accueil relative vaut 0,75 pour le primaire. Mais ce chiffre est calculé sans tenir compte des écoles du Sacré-Cœur, juste de l’autre côté de la rue (!). Ces écoles sont rattachées au quartier “Parc Baudouin”, où il n’y a que 96 habitants. Si on tient compte de ces deux écoles on obtient une capacité relative de 1,18 (pour le cluster Houba+parc Baudoin), soit une offre suffisante. En outre, une enquête téléphonique révèle l’existence de nombreuses places libres (>90) dans le quartier Houba dans l’enseignement fondamental francophone. Il en est de même dans le quartier du Heysel.

À Jette le nombre d’inscriptions dans le maternel (communal) a chuté de 15% sur les 5 dernières années, augurant d’une tendance à la baisse. L’enseignement catholique voit aussi une baisse (- 10,1 %) sur les 5 dernières années pour la Zone B2 (Bruxelles-ville, Jette et Ganshoren). Il nous revient, par ailleurs, que l’enseignement de la Ville de Bruxelles aurait aussi vu une réduction de ses élèves pour l’année 2020-2021 …

Quels seront les besoins demain ?

Comme il faut du temps pour construire une école et que l’on construit une école pour des décennies, il faut aussi regarder les besoins futurs.

Les projections démographiques pour la région bruxelloise (plan.be) montrent une diminution du nombre d’enfants en âge de fréquenter le fondamental (le pic ayant eu lieu en 2020). Cette tendance est aussi visible sur base des observations au niveau de Laeken (chiffres IBSA).

La situation sera donc meilleure demain, sans construire d’école ou de places supplémentaires.

Et le covid ?

Il est encore trop tôt pour avoir des chiffres. Mais il est probable que l’exode urbain ait été amplifié, que la migration internationale (qui alimente Bruxelles en nouveaux habitants) ait été fortement freinée, que les nouvelles opportunités de logements (bureaux vides) modifient les zones en densification. Tous ces facteurs feront revoir les projections démographiques à la baisse en région de Bruxelles et à Houba en particulier. L’IBSA devrait publier des chiffres prochainement.

Rappelons enfin que l’école néerlandophone en face du site est à moitié vide suite au déménagement de “Martha Somers” . Il y a actuellement des projets en gestation, mais il y a une opportunité à saisir pour la Ville. C’est d’autant plus important que l’enseignement néerlandophone semble avoir le vent en poupe.

Ci-dessous, nous examinons plus en détail la situation. Les visuels sont extraits de la présentation faite par Laeken.Brussels à la Commission de Concertation du 23 mars 2021.

Avril 2021: Le 31 mars 2021 le bureau du plan a publié de nouvelles projections prenant en considération le covid. Elle font état d’une diminution de prés de 17000 enfants en âge scolaire (pour les écoles fondamentales) Pour la période 2020-203 (une diminution de 12 %). Ça équivaut à la capacité de plus de 25 écoles de la taille de l’école HOP (!) sur la Région de Bruxelles Capitale (page 27 : https://www.plan.be/uploaded/documents/202103310840190.FOR_POP2070_12389_F.pdf )

Situation aujourd’hui

Le quartier statistique Houba comprend une partie (dense) de Jette , il s’étend de l’école européenne au parc Roi Baudouin. Il ne comprend pas les écoles du Sacré-Cœur (!).

Ci-dessous une capture d’écran montrant la capacité d’accueil scolaire relative pour le primaire pour les quartiers Houba ET parc Baudouin ( soit 1.18 donc > 1). Si l’on prend juste Houba on a 0.75, mais ça a du sens de regarder de l’autre côté de la rue , pour inclure les écoles du Sacré-Coeur (le quartier “parc Baudouin” ne compte que 96 habitants, étant essentiellement constitué de parcs et zones naturelles.)

Remarque : l’indicateur de capacité d’accueil relative présuppose que les écoles sont à saturation, s’il y a des places non occupées , cela n’apparaît pas dans cet indicateur. Cet indicateur est basé sur l’hypothèse d’une saturation des écoles. Or cette saturation n’est pas vérifiée sur le terrain.

Situation demain

Le pic démographique dont on a tant parlé est à présent dépassé : on va observer une décroissance de la population scolaire dans les prochaines années (suivie d’une remontée qui n’atteindra pas le niveau d’aujourd’hui). Rappelons, en outre, que des places scolaires ont été créées (rénovation et construction d’écoles).

La partie ci-dessous avait été écrite pour HOP 3 (2019) mais reste pertinente (à noter que le quartier “Parc Baudouin” apparaît toujours en gris, car il y a un nombre insuffisant d’habitants, mais la capacité d’accueil scolaire existe réellement). En 2020 le bureau du plan a, à son tour, revu les projections de population à la baisse.

Revenons au moment de la décision de lancer ce projet (début des années 2010), la croissance démographique sur le vieux-Laeken était très forte (voir graph. ci-dessous). Avec un taux de croissance annuel parfois supérieur à 3 % (soit 15 % en 5 ans d’augmentation de la population). Il était donc normal de vouloir répondre à cette croissance en créant des écoles.

Quelques années plus tard, le taux de croissance annuel n’est plus que de 0,5% : la croissance démographique a été divisée par 6 et devient très raisonnable.

Mais essayons de regarder vers le futur plutôt que dans le rétroviseur. Dans son cahier de 2016, l’IBSA fait des projections démographiques pour la période 2015-2025. (http://ibsa.brussels/fichiers/publications/cahiers-de-libsa/cahiers_ibsa_n_6_octobre_2016) Malheureusement, il n’y a pas de données spécifiques pour Laeken (repris dans la ville de Bruxelles).

Pour la ville de Bruxelles sur la période 2015_2020 , on prévoyait une augmentation de 9% et pour 2020_2025 une augmentation de 5%. Encore une fois, on remarque un ralentissement démographique. Sur la période 2020_2025, on ne prévoyait pas d’augmentation de population des enfants en âge d’être scolarisés à l’école primaire (prévisions 2016)

En avril 2019, l’IBSA revoit ses prévisions à la baisse : une croissance démographique plus faible que prévue : http://ibsa.brussels/publications/titres/a-la-une/avril-2019-d-ici-2025-la-population-bruxelloise-augmentera-mais-moins-que-prevu?fbclid=IwAR2wjgFpAWeA1KODflaYsPdU9krCWonqKBry-TzSnzdjuLaaZBFDp2rVWiQ#.Xl7iGOlCeUl

IBSA précise (2019) :

“Impact sur la population scolaire

Cette révision à la baisse varie selon l’âge envisagé. Elle est particulièrement importante chez les jeunes enfants (3-5 ans). Ainsi, les enfants en âge d’être scolarisés à l’école maternelle ne seraient que 48 000 en 2025 (projections 2019), contre près de 55 000 prévus auparavant (projections 2016, utilisées pour établir les projections de la population scolaire de l’IBSA), soit une différence de 12 %. Les enfants en âge d’être scolarisés à l’école primaire (6-11 ans) seraient également moins nombreux à l’horizon 2025 (90 700 contre 95 700, soit 5 % de moins). Enfin, les enfants en âge d’être scolarisés en école secondaire (12-17 ans) en 2025 seraient légèrement moins nombreux qu’attendus précédemment (89 100 contre 90 500).”

En Mars 2020 , le bureau du plan revoit lui aussi ses prévision à la baisse ! https://www.plan.be/uploaded/documents/202003030902350.FOR_POP1970_12071_F.pdf .

Le bureau du plan met en évidence le vieillissement de la population en Région de Bruxelles-Capitale. L’augmentation de la population est surtout due à l’augmentation du nombre de personnes de plus de 67 ans. Inutile de rappeler que ces personnes ne fréquentent pas les écoles fondamentales.

En résumé les dernières projections pour Bruxelles Capitale montrent un accroissement plus faible que prévu de la population dû au vieillissement de la population et une diminution de la population des enfants en âge d’être scolarisés à l’école primaire.